Par Jan Gajentaan, bloggeur néerlandais

“Plus d’intégration européenne, c’est très bon pour la paix, pour la sécurité et pour la  prospérité des pays participants.” Voilà à peu près l’hymne qu’on a chanté à toutes les générations d’après-guerre aux Pays-Bas. Le ramage pro-UE venait de la politique, des médias et même du palais de Soestdijk où les deux Reines d’après guerre Juliana et Beatrix se montraient des reines avec une inclinaison très internationale. Mais meme si on l’a si souvent répété, est-ce vrai pour cela?

Aujourd’hui, le vent tourne. En raison de la destruction économique et sociale qu’a causé la monnaie unique, l’immigration de masse incontrôlée et une migration d’asile qui submerge le continent européen, les peuples européens commencent à douter de ce Valhalla UE que nous a été promis pendant des décennies, ce qui a été encouragé dans le secret par les Américains déjà depuis 1945, comme le montre cette étude.

Au Parlement européen parmi huit groupes il y a maintenant deux (ENF et EVDD) qui sont adversaire de l’UE dans sa forme auctuelle et sont en faveur d’une Europe des nations libres. Ensemble, ils représentent à peu près un quart jusqu’à un tiers de l’électorat européen et ce pourcentage pourrait encore grandir. On le voit parmi les jeunes. Leurs idées sur l’Europe semblent proches du point de vue d’un illustre prédécesseur qui a été presque oublié: le général français, héros de guerre et président (1958 – 1968) de la France: Charles de Gaulle.

Une célèbre conférence de presse
Quelle était exactement la vision de De Gaulle sur l’Europe? Le 15 mai 1962 il a donné à ce sujet une conférence de presse qui a fait sensation à l’époque. Le contexte historique était que le projet d’une union de défense commune avait échoué dans les années cinquante, car en Europe il y avaient deux courants: l’un en faveur de l’intégration européenne (pour aboutir finalement à une Europe fédérale) et un autre qui voulait une Europe de nations souveraines dans une Europe confédérale ou certaines questions (comme par exemple le commerce, la défense, la recherche scientifique, de l’environnement, les menaces terroristes, etc.)  étaient abordés ensemble, mais toujours sur la base de la participation volontaire des Etats souverains. Cette dernière position était la position du président De Gaulle.

De Gaulle a voulu créer pour cela des organes consultatifs européens, mais l’opposition des Pays-Bas et de la Belgique l’a empeché. De Gaulle était contre une Europe intégrée guidé par les États-Unis; son Europe des États-nations libres devait demeurer indépendant et établirait de bonnes relations avec les États-Unis et aussi avec les URSS de l’époque. Voilà le contexte historique de cette fameuse conférence de presse du 15 mai 1962.

L’Europe des patries?

Il y a une citation célèbre de Gaulle qu’il n’a jamais dit, comme il l’expliquait durant cette conférence de presse:  il aurait voulu «L’Europe des patries» contre «la patrie de l’Europe”. Même si c’était sa ligne de pensée, ce n’étaient pas ses propres paroles. Voici ses mots là-dessus:

Mais il est parfaitement vrai que les propositions de la France ont soulevé deux objections, d’ailleurs parfaitement contradictoires, quoiqu’elles soient présentées par les mêmes opposants. Et voici ces deux objections. Ces opposants nous disent : «Vous voulez faire l’Europe des patries ; nous voulons, nous, faire l’Europe supranationale», comme s’il suffisait d’une formule pour confondre, ensemble, ces entités puissamment établies qui s’appellent les peuples et les états. Et puis les mêmes opposants nous disent en même temps : «L’Angleterre a posé sa candidature pour entrer au Marché commun ; tant qu’elle n’y est pas, nous ne pouvons rien faire de politique». Et pourtant tout le monde sait que l’Angleterre, en tant que grand état et que nation fidèle à elle-même, ne consentirait jamais à se dissoudre dans quelque utopique construction. Je voudrais incidemment, puisque en voici l’occasion, je m’excuse, Messieurs les journalistes, vous allez être peut-être assez étonnés, mais je n’ai jamais, quant à moi, dans aucune de mes déclarations, parlé de l’Europe des patries, bien qu’on prétende toujours que je l’ai fait. Ce n’est pas, bien sûr, que je renie, moi, la mienne ; bien au contraire, je lui suis attaché plus que jamais, et d’ailleurs, je ne crois pas que l’Europe puisse avoir aucune réalité vivante si elle ne comporte pas la France avec ses Français, l’Allemagne avec ses Allemands, l’Italie avec ses Italiens, etc. Dante, Goethe, Chateaubriand appartiennent à toute l’Europe, dans la mesure même où ils étaient respectivement et éminemment italien, allemand et français. Ils n’auraient pas beaucoup servi l’Europe s’ils avaient été des apatrides et qu’ils avaient pensé, écrit en quelque espéranto ou volapuk intégré. Alors, il est vrai que la patrie est un élément humain, sentimental, et que c’est sur des éléments d’action, d’autorité, de responsabilité, qu’on peut construire l’Europe. Quels éléments ? Eh bien les états, car il n’y a que les états qui, à cet égard, soient valables, soient légitimes, et en outre soient capables de réaliser. J’ai déjà dit, je répète, qu’à l’heure qu’il est, il ne peut pas y avoir d’autre Europe possible que celle des états, en dehors, naturellement, des mythes, des fictions, des parades.

On voit donc que le président De Gaulle avait un language très clair et précis sur l’Europe.  Malheureusement, ses idées ont été posées dans la poubelle par les socialistes et les démocrates-chrétiens au pouvoir en France, en Allemagne et aux Pays-Bas au début des années 1990, qui on fait sous la guidance du M. Jacques Delors le Traité de Maastricht en 1992 ce qui signifie la fin de la souveraineté nationale, qui a été sacrifiée en faveur d’une monnaie commune et la poursuite d’une Europe fédérale, même si nous vivons toujours dans une sorte de demi-structure en ce qui concerne l’UE super-état.

Nous avons à la suite du traité de Maastricht et les traités ultérieurs déjà une union monétaire, une union de transfert et un syndicat bancaire. Environ 80% des lois viennent de l’Europe et la politique d’immigration et d’asile est en effet déterminé par l’UE; la seule chose qui manque est la forme de gouvernement fédéral.

Analogie Charles de Gaulle – La reine Wilhelmina

charles de gaulle
Charles de Gaulle et son épouse Yvonne à  Londres, 1941

Il existe une analogie intéressante entre CDG et notre reine Wilhelmina (1880 -1962). Si De Gaulle était le dernier chef d’Etat français qui encore vraiment se leva pour la souveraineté nationale, la reine Wilhelmina peut être considérée comme la dernière monarque néerlandaise qui l’a faite.

Les deux, De Gaulle et Wilhelmina, ont été oubliés par les générations de 1968 et après parce qu’ils semblaient tellement obsolètes; mais maintenant leur idéologie est plus que jamais d’actualité.

Dans une de ses biographies sur la reine Wilhelmina le historien et avocat Cees Fasseur (récemment décédé) décrit les recontres entre Wilhelmina et De Gaulle à Londres (1941) et en 1944 en France et ce spécialiste de la vie de Wilhelmina (il a consacré plusieurs livres à elle et avait accès a la correspondence privé de Wilhelmina) nous dit qu’íls avaient la même façon de penser.

Après leur premier rencontre en 1941 à Londres, la reine Wilhelmina écrivait à sa fille Juliana: “voilà ce que j’appelle un vrai homme; un homme grand dans sa taille mais aussi dans sa pensée, même s’il semble timide de temps en temps“. Comme le général De Gaulle, Wilhelmina aimait son pays très fort, mais n’amait pas la structure politique qui l’avait rendu si faible dans la période avant la guerre.

WilhelminaRO
La reine Wilhelmina à Londres; comme De Gaulle elle y tenait des discours pour la radio, appelant les peuple libres de l’Europe à la résistance contre les Nazis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L L L’idéologie nationale diabolisé

Considérant ce passé partagé de deux héros nationales de la France et des Pays-Bas, il est bien étrange d’entendre toujours dire que ceux qui prônent la souveraineté nationale sont des gens “d’extrême droite” ou “des fascistes”, tandis que la pensée intégriste européenne est considérée comme politiquement correct dans les médias et dans la politique.

La vérité historique est bien autre: c’était Adolf Hitler et son gang raciste qui a poursuivi une Europe unie et fédérale, sous la guidance du Führer biensûr. Ses grands adversaires européens comme Sir Winston Churchill en Angleterre, le général Charles de Gaulle en France ou la reine Wilhelmina du Royaume des Pays-Bas, étaient tous des nationalistes convaincus.

Advertenties

Geef een reactie

Vul je gegevens in of klik op een icoon om in te loggen.

WordPress.com logo

Je reageert onder je WordPress.com account. Log uit / Bijwerken )

Twitter-afbeelding

Je reageert onder je Twitter account. Log uit / Bijwerken )

Facebook foto

Je reageert onder je Facebook account. Log uit / Bijwerken )

Google+ photo

Je reageert onder je Google+ account. Log uit / Bijwerken )

Verbinden met %s